Il y a quelque temps, Bernard Curzi, le directeur de l’EDHEC, a organisé une conférence de presse pour dévoiler un projet encore jamais vu en France : un nouveau mode d’études pour les sportifs de haut niveau, basé sur de l’e-learning.

Une reconversion délicate

En effet, la reconversion des sportifs est un passage assez délicat, et le but de ce programme est donc de les aider à préparer leur après-carrière. Les cours sont donc fournis sur ordinateur, et des tests sont régulièrement mis en place. Pour appuyer ce nouveau projet, trois sportifs étaient amenés à témoigner : Christophe Saïoni (ancien skieur), Odile Diagana (ancienne heptathlète) et Laurent Tillie (ancien volleyeur) étaient présents pour parler de leur vécu. S’ils n’ont pas eu les mêmes parcours, ils ont tous connu le même problème : concilier les études et le sport.

Odile Diagana est emballée par le e-learning : «  c’est une très bonne méthode puisque l’on peut assister aux cours de n’importe quel endroit. Et pour un sportif qui voyage tout le temps, c’est une chance ».

Laurent Tillie, de son côté, pense qu’il peut être réellement bénéfique de s’inspirer du modèle américain « le seul pays au monde où l’on peut faire ses études et du sport de haut-niveau correctement, ce sont les Etats-Unis. Mes deux fils y sont, et ça n’a rien à voir avec la France ». Selon lui, l’e-learning peut être une solution.

Deux mondes que tout sépare ?

Un des problèmes détectés est que le sportif, durant sa carrière, est un peu isolé des problèmes de reconversion. Archi-protégé et sur-médiatisé, ce n’est qu’après sa vie de sportif qu’il doit se décider à emprunter un autre chemin (pour ceux qui ne deviennent pas consultant, dirigeant ou entraîneur). Bernard Curzi justifie donc son concept :  » Avoir un sportif ou ancien sportif de haut-niveau dans une entreprise, c’est bénéfique pour tout le monde. Il peut apporter sa motivation et son état d’esprit au reste de la boîte « .

Et le directeur de l’EDHEC se donne les moyens de réussir. Chaque sportif étudiant, à l’EDHEC (ils sont 16), a son propre tuteur. Ces athlètes sont suivis de très près afin qu’ils ne lâchent pas les études. Les sportifs professionnels peuvent intégrer la filière sportifs de haut-niveau soit directement après le bac soit après un bac +2 (dans quel cas ils intégreront la troisième année). Même s’ils ne suivent pas les cours dans le campus, ces sportifs sont soumis aux mêmes examens que les autres étudiants de l’ESPEME